L’interview, rêve d’excellence

Mercredi 29 novembre 2017

L’interview est un exercice complexe. Nous (imag&tagada et ginette) disons complexe, et nous pourrions même rajouter : dangereux.
Oui oui, nous pesons nos mots.
Que l’on décide de capturer des mots pour construire un article, ou bien que l’on ait besoin d’images et de son pour monter un film, une chose est sûre, au final, on range le matériel, et la substance doit être “dans la boîte”.
Un discours convenu ou timide, un bégaiement intempestif, une faute de langage ou pire encore, une rhétorique soporifique auront raison de tous nos efforts en postproduction.

À une autre époque, des acteurs étaient recrutés pour passer des messages institutionnels ou commerciaux. Sortes de faux témoignages mis en scène pour le plus grand bonheur des réalisateurs ou cadreurs. Ces méthodes étaient à proscrire, elles le sont encore plus aujourd’hui.
Nous avons rarement interviewé des professionnels de l’image.
Nous privilégions et recommandons le parler vrai, le caractère, la personnalité. C’est pour nous la nouvelle donne stratégique et c’est tellement mieux.
Alors bien sûr, avec ces vrais témoins, les prises de parole demandent souvent un gros effort, face caméra.
Lumière, objectif, micro, journaliste, cadreur… et puis les gens qui passent ou qui rigolent, bref la posture n’est pas très naturelle, c’est sûr.
Alors interview après interview, nous affinons notre entraînement. Pas faux de dire que nous en faisons même une spécialité.

Il y a d’abord le temps de “l’avant”, la mise en confiance, l’observation des belles expressions, les sujets à ne pas aborder et ceux qui déclenchent le regard magique.
On prend ce temps.
Puis “GO”, ça tourne. On a fait connaissance, on la refait, On en rit.
On se corrige, presque un peu de familiarité. C’est bien. Un peu plus. Un peu moins. On aime le sujet, on se laisse “passionner”.
On va un peu trop loin, et on finit.
C’est dans la boîte !

Reste à trier - “dérusher” pour les intimes.
Car nous, on préfère en avoir trop.
Couper, jeter, remonter, croiser.
Fabriquer un instant complice entre celui qui parle et celui qui l’écoutera. Là encore, on prend ce temps car il est indispensable.
Et voilà que l’interview devient un rich-média !